La dalle de Saint Martin ? | ||
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La dalle dite des "chevaliers" sur une des plus anciennes photographies connues
Photo Pierre Embry - https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/AP11W03073 |
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"L'église
(1740) se dresse bientôt devant nous ; l'intérieur est superbe avec de
jolies peintures fraîches et riantes; nous cherchons a découvrir en ce
lieu quelques traces du passé mais inutilement. Cependant dans un petit
jardin contigu à l'église, un des nôtres a reconnu dans une dalle
grossièrement sculptée ou plutôt gravée un ancien vestige qui
daterait du Vème siècle: il est regrettable que cette dalle
serve de marche pied d'escalier et soit exposée dehors à toutes les
intempéries. Sa place serait bien mieux à l'intérieur de l'église et
remplacerait avantageusement quelques panneau verni ou doré." | ||
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On notera, au passage les
ajouts du faussaire Plantard, ajouts servants, comme de bien entendu, sa
mythomanie (galopante ici !) car sur le document apocryphe intitulé "Les
descendants mérovingiens ou l’énigme du Razès wisigoth",
écrit sous le pseudonyme de Madeleine Blancasall et déposé le 28 août
1965 à la Bibliothèque Nationale (2), il a pris soin de poser quelques
menus points qui laissent croire à la présence d'un enfant !
Ni vu, ni connu, j't'embrouille ! | ||
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Nous
pouvons heureusement, et contrairement à de nombreuses pièces
imaginaires de cette histoire, nous faire notre propre opinion en
allant contempler cette dalle présentée dans le musée de Rennes le
Château après bien des aléas. Et surtout, en observant une vieille
photographhie effectuée pour l'office des Monuments Historiques | ||
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Sur sa partie droite figure à n'en pas douter un chevalier. Oublions un
instant nos interprétations profanes pour ne nous concentrer que sur une
approche religieuse de cette représentation. | |
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Détail de la partie droite |
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L'épée
est une spatha romaine, épée longue, épée mérovingienne aussi
utilisée en cavalerie et non pour chasser. Ce type d'épée avait une
garde assez longue permettant de l'équilibrer ce que montre notre
sculpteur. Car certains chercheurs continuent à voir là une
représentation de chasse ! | ||
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La
représentation de notre supposé Saint Martin pourrait être conforme
sur cette dalle de Rennes-le-Château à ce que nous pouvons voir dans
de nombreuses églises dédiées au Saint et sur le blason même de la
ville de Limoux, lu ainsi : Or
que peut-on encore discerner après l'usure du temps et l'infamie des
hommes qui nous laisse place à déduction ? Sulpice
Sévère (363-429) qui vécut un temps près de Carcassonne rédigea un best-seller du Moyen-âge : La Vie de saint Martin. Dans ce livre
figure le passage suivant, repris par Jacques de Voragine et de nombreux
auteurs de Vies de Saint Martin (4) : | |
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Un
récente visite à cette dalle me fait rajouter l'observation suivante :
Sur le pourtour de la tête du personnage de droite, on peut remarquer une
sorte de crénelage qui ne peut figurer les cheveux ou même le casque du
cavalier. Ce détail que l'on observe aussi bien en vue rapprochée
qu'avec une vision d'ensemble me semble renforcer l'hypothèse d'un
personnage plus religieux que civil. Car il pourrait s'agir de la
représentation d'une auréole. | ||
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Additif au 20 août 2022 |
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Un manuscrit du XIVe siècle (5) conservé par la bibliothèque municipal de Tours et portant la référence Ms. 1018 f. 049v
présente une très intéressante enluminure consacrée à la légende de
Saint Martin. On peut y voir à l’extrême gauche le Diable qui apparaît
devant notre saint en tenant en main une corne de boeuf pleine de sang
! Voilà qui ne peut que faire écho avec cette étude et surtout cet
étrange personnage sur la gauche de cette dalle, dite des chevaliers.
J’ai, en outre, constaté dans le musée de Rennes-le-Château que cette dalle y est interprétée comme étant la représentation du massacre des innocents et de la fuite en Egypte de la Vierge (à gauche) portée par un âne. L’ampleur de la main de notre supposée vierge laisse songeur tout autant que le choix de fixer ici une interprétation tout aussi hypothétique que la mienne !! |
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Christian Attard, le 20/08/22 | ||
Notes et sources : (1)
- Voir sur le site de la ville de carcassonne la
page consacrée à Jacques Ourtal
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